Le rôle de l’activité physique dans le traitement de l’arthrite : une entrevue avec Manny Ester

Si vous venez tout juste de découvrir le réseau de stagiaires d’Arthrite-recherche Canada, vous devez savoir que, pour nous, la meilleure façon de continuer à trouver des réponses pour des millions de Canadiennes et de Canadiens qui souffrent d’arthrite, c’est d’aider les chercheurs scientifiques à s’épanouir dans leur carrière.

Plus de 40 stagiaires en recherche travaillent chez Arthrite-recherche Canada. Sous le mentorat d’éminents spécialistes, ces stagiaires effectuent des recherches dans de nombreux domaines, de la rhumatologie à la physiothérapie, en passant, entre autres, par les sciences pharmaceutiques et l’économie de la santé.

Au cours des mois à venir, nous continuerons à dresser le profil de ces chercheurs et de ces chercheuses à l’avenir prometteur, et nous vous présenterons ce sur quoi ils travaillent. Nous nous entretenons aujourd’hui avec le Dr Manuel (Manny) Ester, un chercheur postdoctoral qui travaille avec la Dre Claire Barber à l’Institut McCaig pour la santé des os et des articulations de l’Université de Calgary.

Manny, parlez-nous un peu de vous!

Je suis un Canadien d’origine allemande. J’étais très jeune quand ma famille est arrivée au Canada, et je m’intéresse à la recherche depuis longtemps.

Quand j’étais petit, j’ai vu mon grand-père se battre contre le cancer pendant de nombreuses années. Cela m’a donné envie de comprendre les maladies chroniques et d’essayer de trouver des solutions qui pourraient un jour changer la vie des personnes atteintes de maladies chroniques. 

Comment vous êtes-vous impliqué dans la recherche sur l’arthrite?

J’ai découvert Arthrite-recherche Canada grâce à ma superviseure, la Dre Claire Barber, une rhumatologue et une chercheuse scientifique chez Arthrite-recherche Canada. J’ai rencontré Claire il y a environ deux ans et demi. Avant, je travaillais surtout avec des personnes atteintes de cancer et je m’intéressais principalement à l’activité physique. La Dre Barber était intéressée par la recherche sur l’activité physique et par l’aide qu’on peut apporter aux personnes atteintes de rhumatismes, et je voulais en savoir plus sur le rôle de l’activité physique dans d’autres contextes. L’arthrite était un domaine dans lequel je n’avais jamais travaillé auparavant.

Pourquoi l’étude du rôle de l’activité physique vous intéresse-t-elle?

 J’ai été athlète et footballeur de haut niveau pendant de nombreuses années. Durant mes études de premier cycle, j’ai travaillé au centre de conditionnement physique de mon université et j’ai offert mes services comme entraîneur personnel.

Cela n’avait rien à voir avec mes intérêts en matière de recherche, mais avec le temps, j’ai réalisé que je pouvais combiner ces deux éléments et mener des recherches pour aider les personnes atteintes de maladies chroniques à rester actives sur le plan physique. C’était la combinaison idéale entre mes intérêts personnels et mon désir d’aider les gens.

Sur quoi vos recherches actuelles portent-elles? Sur quoi travaillez-vous?

Tout mon travail consiste à créer des solutions pratiques qui facilitent l’activité physique. Que ce soit pour les patients ou pour les prestataires, nous essayons de comprendre pourquoi les gens ne sont pas suffisamment actifs, ou pourquoi les prestataires de soins ne soutiennent pas leurs patients autant qu’ils le devraient.

En cherchant à comprendre les difficultés que rencontrent les patients et les prestataires, nous essayons de voir comment la recherche pourrait aboutir à des solutions pratiques. Quels outils pourrions-nous utiliser pour favoriser l’activité physique et aider les gens à rester actif sur le plan physique? Je me concentre sur les changements de comportement, sur la psychologie qui sous-tend le counseling en matière d’activité physique et sur les habitudes réelles en matière d’activité physique. C’est en utilisant la psychologie qui se cache derrière tout cela que nous pouvons être efficaces et faire une différence.

Que comptez-vous accomplir avec cette étude?

J’espère apporter des améliorations concrètes et significatives dans la vie des personnes atteintes d’arthrite ou d’autres maladies chroniques. J’espère qu’en adoptant cette approche pratique, nous pourrons faire évoluer le système de santé afin d’encourager l’activité physique et d’aider les personnes atteintes d’arthrite et d’autres maladies chroniques à vivre pleinement leur vie.

 Nous savons à quel point l’activité physique est bénéfique pour la santé physique, la santé mentale, la confiance en soi et le bien-être. Nous n’avons pas tous envie de devenir marathonien ou randonneur, mais nous pouvons tous être actifs afin de nous sentir mieux.

Pourquoi la recherche sur l’arthrite est-elle importante pour vous?

La vie avec l’arthrite comporte de nombreux défis. Heureusement, les personnes atteintes d’arthrite vivent aujourd’hui relativement bien, et elles bénéficient d’une bonne prise en charge de la maladie grâce aux progrès de la médecine. Il reste cependant encore beaucoup de choses à faire pour relever certains défis à long terme. Comment pourrions-nous mieux gérer la fatigue chronique? À quoi pourrait ressembler une vie épanouie avec l’arthrite?

Il y a tellement de recherches à effectuer au-delà de la simple gestion de la maladie. Je veux aider les gens à mener une vie intéressante et épanouie.

Faire partie d’Arthrite-recherche Canada, qu’est-ce que cela signifie pour vous?

Arthrite-recherche Canada m’a donné l’occasion de travailler en étroite collaboration avec des patients partenaires et plusieurs groupes de patients, et j’ai trouvé ça très enrichissant. J’ai également rencontré des chercheurs passionnés, des rhumatologues, des physiothérapeutes, des étudiants aux intérêts variés, et des spécialistes à différents stades de leur carrière.

La recherche connaît parfois des hauts et des bas, mais avoir un réseau sur lequel vous pouvez compter est un très bon atout. Je pense qu’Arthrite-recherche Canada fait un excellent travail pour renforcer les liens entre les membres de la communauté et rassembler les professionnels.

Sur quoi espérez-vous travailler prochainement? Que comptez-vous faire à l’avenir?

Je vais continuer à travailler dans le même sens, car il existe encore de nombreuses possibilités pour rendre la recherche encore plus utile pour les personnes atteintes d’arthrite ou d’autres maladies. 

Il est encourageant de voir qu’Arthrite-recherche Canada met l’accent sur l’aspect pratique de la recherche. J’espère que cette tendance va continuer et s’intensifier au cours des prochaines années.

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