L’envie d’enseigner : choisir une carrière quand on est atteint d’arthrite

Les parents d’Élise Boisvert ont appris qu’elle était atteinte d’arthrite juvénile idiopathique alors qu’elle n’avait que quatre ans, après deux ans de nuits difficiles, de réveils en larmes et d’articulations enflées et douloureuses.

« Ma mère a dû se battre avec les médecins pour trouver des réponses », raconte Élise. Ils lui disaient : « Vous êtes une nouvelle maman. Tout ça est normal ».

Vingt ans plus tard, Élise a presque terminé son baccalauréat en éducation et elle compte devenir enseignante. Pour en arriver là, le chemin a été difficile et semé d’embûches.

« Grandir avec un handicap a été un véritable frein », explique-t-elle. « Je suis contente de savoir qu’un jour je serai un point de référence pour mes élèves et que nous créerons ensemble une communauté scolaire inclusive. »

Des difficultés chroniques pendant l’enfance

En sixième année, Élise a manqué deux mois consécutifs d’école à cause de poussées douloureuses. Au lycée, des opérations au genou l’ont obligée à manquer d’autres journées d’école. Elle a pris du retard, s’est sentie exclue et a eu du mal à nouer des liens d’amitié avec ses camarades de classe.

L’arthrite était tout ce qu’elle connaissait. Comme il s’agit d’une maladie invisible et qu’on pense généralement qu’elle ne touche que des adultes plus âgés, les autres avaient du mal à la comprendre.

« Certains professeurs ne me croyaient pas lorsque je leur disais que je souffrais d’arthrite », raconte-t-elle. « Je devais toujours m’expliquer, et cela m’a épuisé, aussi bien mentalement que physiquement. Je suis devenue une adolescente très fâchée. »

Élise a des bons jours et des mauvais jours. Elle peut par exemple marcher pendant 40 minutes le lundi et être clouée au lit le mardi.

Je me suis souvent demandé : « Je n’ai aucune idée de ce que je vais faire dans la vie. Comment pourrais-je avoir une carrière si je ne peux même pas aller à l’école tous les jours? »

Making it Workᴹᴰ

Vous pouvez faire carrière même si vous souffrez d’arthrite. Les chercheurs scientifiques d’Arthrite-recherche Canada ont élaboré un programme en ligne unique qui met l’accent sur l’intervention précoce afin de prévenir l’incapacité au travail et de favoriser une vie professionnelle saine et productive.

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Vous pouvez faire carrière même si vous souffrez d’arthrite. Les chercheurs scientifiques d’Arthrite-recherche Canada ont élaboré un programme en ligne unique qui met l’accent sur l’intervention précoce afin de prévenir l’incapacité au travail et de favoriser une vie professionnelle saine et productive.

Il n’y a pas de combat inutile

Malgré les obstacles rencontrés pendant son enfance, Élise a obtenu un baccalauréat en arts de l’Université de la Colombie-Britannique, campus de l’Okanagan. Après avoir reçu son diplôme, elle s’est demandé comment elle allait pouvoir choisir une carrière en raison du caractère imprévisible de l’arthrite.

« J’étais en voiture avec ma mère et je me demandais ce que j’allais faire dans la vie, quand je me suis rendu compte de quelque chose », explique Élise. « J’ai pensé à certains des excellents professeurs qui m’avaient soutenue dans les moments difficiles, et j’ai réalisé que j’aimerais un jour être cette enseignante pour des enfants comme moi. »

Environ 25 000 enfants et adolescents canadiens sont atteints d’arthrite. 22 % des moins de 18 ans souffrent d’au moins une maladie chronique. Élise veut aider les jeunes qui, comme elle, ont des difficultés scolaires à cause de leurs problèmes de santé. Elle veut les encourager à rêver en grand, à se fixer des objectifs et à se sentir soutenus.

« Les jeunes qui vivent avec des maladies chroniques ne devraient pas écouter les gens qui leur disent qu’ils ne pourront jamais faire telle ou telle chose. Un membre de ma famille a un jour anéanti un de mes rêves en me disant que je ne pourrai jamais être une cheffe de cuisine à cause de mon arthrite. »

Les personnes atteintes d’arthrite peuvent réussir, même dans les établissements d’enseignement postsecondaire exigeants. Élise recommande aux étudiants de s’adresser au centre de ressources pour personnes handicapées de leur collège ou de leur université afin d’obtenir de l’aide. Ils pourront ainsi avoir plus de temps pour faire leurs devoirs et avoir accès aux enregistrements audio des cours, par exemple. Elle conseille également aux étudiants de parler de leur arthrite à leurs professeurs.

« Ils ne savent pas ce qu’ils ne savent pas. L’arthrite est souvent invisible, et ils ne comprendront pas ce qui se passe si vous ne leur en parlez pas. »

Élise a récemment effectué un stage dans une école secondaire de Lake Country, et cela a confirmé son choix de carrière. « Je suis ravie de pouvoir aider des enfants à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent dans la vie. »

La carrière qu’elle a choisie lui permet également de surveiller son corps et d’en être consciente. « Je peux m’asseoir ou dire à mes élèves que j’ai mal et que je dois m’asseoir pour enseigner. La diversité est très présente dans les salles de classe. »

Des lieux de travail fondés sur l’acceptation des autres

Élise sait qu’elle sera une bonne enseignante. Ses inquiétudes sont plutôt liées à la manière dont elle sera perçue par les autres. Doit-elle divulguer son arthrite à ses employeurs potentiels? Sa maladie aura-t-elle un impact sur sa capacité à obtenir un emploi? Comment ses symptômes seront-ils interprétés? Les gens penseront-ils qu’elle cherche des excuses lorsqu’elle a une poussée d’arthrite ou qu’elle a une mauvaise journée?

Élise souhaite que les employeurs et le grand public comprennent que l’arthrite ne rend pas les gens inefficaces ou paresseux.

« Je dirais même que les personnes atteintes d’arthrite, quel que soit leur âge, ont une éthique de travail encore plus solide parce qu’elles doivent défendre constamment leurs intérêts », ajoute-t-elle. « L’arthrite affecte parfois ma disponibilité ou ma capacité à faire les choses dans un certain délai, mais elle n’affectera jamais mon éthique de travail. »

Élise estime qu’il est important de rechercher des employeurs et des lieux de travail qui acceptent les personnes en situation de handicap.

« J’ai déjà révélé mon handicap à certains employeurs potentiels qui ont alors décidé de ne pas m’embaucher », explique-t-elle. « Il n’y a rien de mal à être honnête et direct. Cela permet de connaître le vrai visage d’un lieu de travail et de savoir s’il s’agit d’un endroit qui accepte les différences ».

Élise ajoute que personne ne devrait avoir l’impression d’être une source d’ennuis à cause de l’arthrite, et surtout pas à l’école ou au travail.

De vraies recherches. De vraies personnes. De vraies réponses.

L’arthrite est la raison la plus courante pour laquelle les Canadiennes et les Canadiens arrêtent de travailler. Soutenez la recherche pour aider des personnes comme Élise à s’épanouir dans la profession qu’elles aiment.

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