Ce qui m’a marqué lors de mon entrevue avec la Rhumatologue Laetitia Michou

 

En mai 2019, j’ai eu la chance d’avoir un entretien téléphonique avec la Dre Laetitia Michou, rhumatologue et chercheur clinicien au CHU de Québec-Université Laval depuis 12 ans. Le Dre Michou est également chercheur d’Arthrite Recherche Canada depuis  juin 2019.

Cette entrevue m’a permis de démystifier et mieux comprendre le travail du chercheur clinicien. J’ai été impressionnée de mesurer à quel point la recherche est une vocation mais aussi une réalité que les patients ne peuvent pas imaginer.

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Devenir chercheur : un parcours semé d’embuches.

La recherche sur l’Arthrite est réalisée par 2 types de chercheurs. Les chercheurs cliniciens et les chercheurs fondamentalistes.

Si un médecin veut faire de la recherche sur l’arthrite et donc devenir chercheur-clinicien, le parcours est long puisqu’il doit être formé en rhumatologie dans les deux aspects, pratique clinique et recherche. Il ne démarrera donc sa carrière qu’autour de 35 ans. Au Québec, il doit faire des demandes pour obtenir des bourses de chercheur et des subventions de recherche auprès d’organismes publics comme le FRQS ou les IRSC. Chaque demande de subvention nécessite environ 250 heures de travail, et ce candidat chercheur n’a que très peu de support administratif. Le taux de réussite est faible, de l’ordre de 10%. La sélection ne se fait pas seulement sur le contenu du projet en tant que tel, mais aussi sur la forme et la présentation du document. Par conséquent, l’expérience du système de recherche est importante et les nouveaux chercheurs pourraient être désavantagés dans certains concours. Le travail du chercheur clinicien se partage entre la clinique auprès de ses patients et la recherche avec son équipe de recherche.

Les chercheurs fondamentalistes qui travaillent sur l’arthrite ont une formation académique dans différents domaines des sciences biologiques, ils sont titulaires d’un doctorat. La plupart ne sont pas médecin. Ils ont poursuivi leur formation lors de stages post-doctoraux qui leur ont permis d’acquérir une spécialisation dans un domaine de recherche touchant l’arthrite à partir de laquelle ils développeront leur projet en tant que chercheur. Pour eux aussi, la route est longue et difficile. Ils travaillent au sein d’un laboratoire avec une équipe de recherche composée d’étudiants et de professionnels de recherche.

Devenir chercheur : une vocation

A travers les propos du Dr Michou, je ressentais à quel point la recherche est une vocation et peut devenir une passion. Pourtant, la vie du chercheur clinicien nécessite beaucoup d’organisation et de compromis, les soirées et les fins de semaine sont souvent sacrifiées en raison de la charge de travail.

Elle a mentionné que sa pratique clinique était une source d’inspiration et que certaines idées proviennent de discussion avec ses patients, preuve de la richesse de ce métier.

L’enseignement fait aussi partie de la mission du chercheur clinicien. La transmission des connaissances permet ensuite que les étudiants deviennent des catalyseurs pour les projets de recherche.

Quel avenir pour la recherche ?

La compétition entre chercheurs est réelle. Ceci peut apparaitre comme un non-sens pour les patients d’autant plus que, paradoxalement, le travail d’équipe est essentiel. En tant que patiente, cet aspect compétitif est surprenant et parait aller à l’encontre de l’amélioration des connaissances et de la qualité des soins que nous souhaitons.

Le Dre Michou a également mentionné qu’au Canada, il existe trop peu de laboratoires dans le domaine de la rhumatologie. En particulier, les chercheurs cliniciens développent des projets en dehors des espaces de laboratoires ce qui crée une distance entre recherche fondamentale et recherche clinique. C’est un aspect que nous aimerions voir s’améliorer dans les années à venir.

En tant que patients, nous voudrions que les chercheurs se consacrent uniquement à leur recherche et soient soulagés des tâches administratives. C’est un enjeu qui devrait être pris en compte afin d’optimiser le travail des chercheurs.

Il est clair que la recherche améliorera la pratique, apportera de nouveaux outils qui continueront d’évoluer au profit des patients, des praticiens et de tous les professionnels de santé travaillant dans le domaine de la rhumatologie. Alors que l’espérance de vie continue de s’allonger, l’amélioration des soins aux patients atteints de maladies chroniques comme l’arthrite sera un bienfait pour toute la population canadienne.

France Gervais
Présidente de PIRA

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